LE taichi CHUAN,

une histoire de styles

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Vous trouverez sur cette page quelques informations sur ce que l'on appelle les styles dans le Taichi Chuan, à ne pas confondre avec les écoles,

ainsi qu'un aperçu sur l'évolution du style Yang.

On distingue 5 grands styles dans le Taichi Chuan : les styles Yang, Chen, Sun, Wu et Wu-Hao.

On trouve également d'autres styles moins répandus, les styles Li, Zhaobao (ou style He) ainsi que le style Wudang.

 

Il est fort difficile de définir l'origine du Taichi Chuan. Trois théories majeures sont retenues, l'hypothèse de Zhang Sanfeng, moine taoïste légendaire, l'hypothèse de Wang Zongyue, dont un écrit nous serait parvenu et dont le savoir aurait été diffusé au sein du clan Chen, dans le village de Chenjiagou ; enfin, l'hypothèse du style Chen, présenté par certains auteurs comme le style originel, créé par Chen Wangting vers 1580 - 1660. Nous pouvons représenter ces hypothèses selon l'organigramme suivant, purement hypothétique en ce qui concerne les phases initiales :

Cliquer pour agrandir.

En vert, le style Chen, en mauve, le style Yang.

On constate au premier regard l'importance du style Chen jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Néanmoins, ce style, apparu dans le village de Chenjiagou, n'est pratiqué que localement ; son enseignement restera longtemps confidentiel.

Il  connait actuellement un regain d'intérêt en Chine, où beaucoup le considère comme le style originel de Taichi Chuan.

 

En réalité, jusqu'à la fin du XIXe siècle, tous les styles de Taichi Chuan sont enseignés de manière locale et confidentielle. Le style Yang par exemple,

né au début du XIXe siècle avec le Maître Yang Luchan, n’est enseigné qu’à Pékin, au sein d'une élite militaire très restreinte.

 

Au début du XXe siècle, le Maître Yang Chengfu, petit-fils de Yang Luchan, et le Maître Wu Jianquan, du style Wu, sont amenés à enseigner

le Taichi Chuan au sein d'un des premiers instituts de sport ; ils se rendent compte que leur art est inadapté à cette nouvelle clientèle

et décident de le transformer ; c’est ce qu’on appellera la codification des styles Yang et Wu.

 

Ces deux codifications datent des années 1920 – 1930. Pour le style Yang, le Maître Yang Chengfu transformera une des formes familiales, la Forme Moyenne,

en une Grande Forme (connue sous le nom 108 mouvements) dont il a éliminé les mouvements les plus difficiles afin de la rendre plus abordable

et dont il a agrandi les postures (d'où le nom de "Grande" Forme) pour la rendre plus efficace pour la santé.

En ce sens, la grande Forme en 108 mouvements sera la première forme simplifiée de Taichi Chuan, conçu pour son intérêt pour la santé

plus que pour son intérêt martial ; ces caractéristiques font de cette forme, la première des formes modernes de Taichi Chuan.

 

A la suite de la codification de Yang Chengfu, la Grande Forme du style Yang connut un vif succès ;

elle a été popularisée par les fils et les disciples de Yang Chengfu. En particulier, le Maître Yang Zhenduo, 3e Fils de Yang Chengfu,

a diffusé l'enseignement de cette forme lors de nombreux stages internationaux.

Il fut reconnu en 1996 comme un des 100 Grands Maîtres de Wushu (ensemble des arts martiaux chinois) en Chine.

En 1998, il fonde l'International Yang Family Tai Chi Chuan Association pour soutenir son travail de diffusion du Taichi Chuan.

Le Maître Yang Jun, petit-fils de Yang Zhenduo (6e génération), poursuit aujourd'hui le travail de transmission de son grand-père.

Bien qu'on ne puisse que reconnaître l'ampleur du travail de diffusion de Yang Zhenduo, cette transmission n'est toutefois pas reconnue

comme totalement  authentique par certains pratiquants, qui font remarquer que le Maître Yang Zhenduo avait 10 ans quand son père est mort

et qu'il n'a donc pas reçu son enseignement de façon directe.

 

Il est aussi assez peu probable que Yang Zhenduo ait reçu en totalité l'enseignement de son frère aîné Yang Sau Chung, 16 ans plus âgé

et qui, déjà expert reconnu à l'âge de 19 ans, formait alors des représentants du gouvernement dans toute la Chine.

Yang Sau Chung s'est exilé à Hong Kong en 1949 tandis que son jeune frère, âgé de 23 ans à ce moment, est resté en Chine.

 

Ces détails historiques essentiels permettent aux descendants des nombreux disciples de Yang Chengfu

de revendiquer également une part de la paternité de la transmission traditionnelle du style Yang de Yang Chengfu.

Parmi ces disciples, on trouve notamment le Maître Tung Ying Chieh (1898 - 1961)

qui fut disciple pendant 17 ans ; sa version de la forme en 108 mouvements est transmise aujourd'hui par son petit-fils Tung Kai-Ying

et est très connue en France sous l'appellation "école TOUM" (non représenté sur l'organigramme).

On trouve ensuite Cheng Man Ch'ing (1902 - 1975), disciple pendant 7 années, qui diffusera le Taichi Chuan au États Unis dans les années 60,

où il rencontra un vif succès. Ce Maître est connu pour avoir créé la forme en 37 mouvements, à partir de la forme en 108 mouvements,

afin de proposer une forme plus courte et plus adaptée au mode de vie occidental que la forme initiale.

On trouve encore Chen Weiming (1881 - 1958, 1er disciple) qui sera surtout connu pour être l'auteur des 3 premiers livres

décrivant la pratique du style Yang, parus entre 1925 et 1929 :

Taijiquan shu (L'art du Taiji quan, 1925), Taiji jian (L'épée du Taiji, 1928, édité par le Courrier du Livre),

et Taijiquan da wen (Questions et Réponses sur le Taiji quan, 1929, édité par le Courrier du Livre).

 

Ces différentes transmissions d'un même style sont connues sous l'appellation d'écoles. Ces écoles sont très nombreuses et la fédération Faemc

à laquelle notre association est affiliée désigne donc ces différentes écoles sous l'expression "style Yang transmis par… ."

 

Parmi ces disciples, il est une personnalité particulière : Fu Zhongwen. Il est un peu à part pour deux raisons :

la première, il épousera Zou Kuei Cheng, l'arrière-petite fille de Yang Jianhou et deviendra ainsi un membre de la famille Yang.

Ensuite, il a commencé l'étude du Taichi Chuan avec Yang Chengfu dès l'âge de 12 ans ; il restera auprès de son Maître jusqu'à la mort de celui-ci.

Ainsi, à la différence de la plupart des disciples de Yang Chengfu, il n'a pas pratiqué d'autres styles de Taichi Chuan ;

à ce titre, il est généralement considéré comme le disciple le plus "orthodoxe" de Yang Chengfu.

Il a accompagné Chengfu lors de ses voyages pour l'aider dans ses démonstrations et son enseignement.

Fu Zhongwen acceptait souvent de relever les challenges que lui lançaient d'autres artistes martiaux

et était souvent envoyé par son maître dans des compétitions de poussée des mains où il acquit la réputation d'être imbattable.

À la mort du Maître Yang Chengfu, le premier disciple Chen Weiming lui écrivit une lettre dans laquelle il reconnaissait l’excellence

de son accomplissement et la précision avec laquelle il reflétait l’art de leur Maître.

En 1944, Fu Zhongwen créa l'Association de Tai Chi de Yongnian afin de perpétuer l'œuvre de son maître et de faire connaître le Taichi Chuan.

Il consacra toute sa vie à cet objectif et en conséquence fut nommé un des "Cent trésors vivants de Chine".

 

Plus tard, il rassemblera ses connaissances dans un livre célèbre, Maîtriser le style Yang de Taichi Chuan paru en 1963.

Sa position dans la famille Yang et son attachement au Maître Yang Chengfu font que c'est très probablement lui

qui a formé les deux derniers fils de Yang Chengfu, Yang Zhenji et Yang Zhenduo.

Ces Maîtres resteront toujours très proches ; Fu Zhongwen aidera d'ailleurs Yang Zhenji et Yang Zhenduo

à obtenir des emplois officiels de professeurs de Taichi Chuan.

 

En 1956, le Comité des Sports chinois a réuni quatre Maîtres de Taichi Chuan - Chu Guiting, Cai Longyun, Zhang Yu et Fu Zhongwen -

pour créer une forme simplifiée de Taichi Chuan destinée au peuple. Elle fut ramenée à 24 postures et prend environ six minutes pour l'exécuter.

Très accessible, le débutant y trouve les éléments essentiels du Taichi Chuan de la forme en 108 mouvements.

Là encore, l'expression de Taichi Chuan simplifié reflète mal le sens du terme chinois ; il s'agit également d'une forme de codification

qui vise à rendre l'apprentissage plus facile et non pas une "dénaturation" du style.

Connue sous le nom de "Petite Forme de Pékin" ou plus simplement "24 mouvements", c'est probablement aujourd'hui la forme de Taichi Chuan

qui compte le plus de pratiquants en Chine comme dans le monde entier.

 

Voici une vidéo comparant les deux Maîtres Yang Zhenduo et Fu Zhongwen dans la réalisation de la Grande Forme en 108 mouvements :

En considérant l'ensemble des éléments historiques qui ont conduit à l'émergence des deux formes les plus connues du style Yang,

la forme en 108 mouvements et la forme en 24 mouvements, toutes deux pratiquées au sein de notre association, on constate que

les propositions de nos deux professeurs de Taichi Chuan, Masako et Jean-Luc, sont extrêmement proches

et que ces pratiques, sans évidemment être identiques, restent néanmoins parfaitement compatibles entre elles.

 

Il reste une branche familiale essentielle de la descendance du Maître Yang Chengfu que nous n'avons pas encore explorée :

celle de son fils aîné, Yang Sau Chung.

Né en 1910, ce Maître a commencé l'étude du Taichi Chuan à 8 ans sous la direction de son père ; il l'assiste dans ses cours dès l'âge de 14 ans

et est devenu expert à 19 ans. Cette transmission est donc historiquement incontestable.

Le Maître Yang Sau Chung s'exile à Hong Kong dès 1949, où il enseigna son art sous la forme de cours particuliers.

Il n'a nommé que trois disciples :

Ip Tai Tak (1929-2004 : premier disciple), Chu Gin Soon (1932 - : 2e disciple) et Chu King Hung (1945 - : 3e disciple).

En 1953, il fonde l'International Tai Chi Chuan Association à Hong Kong pour encadrer la diffusion de son art.

Le Maître Chu King Hung est connu pour transmettre son art sous l'appellation "Yang Originel" ; cette école est très développée en France,

dans le cadre de la branche européenne de l'ITCCA.

 

Yang Sau Chung a eu trois filles qui transmettent encore aujourd'hui le style de leur père, toujours à Hong Kong :

Yang Tai Yee (1950-), Yang Ma Lee (1952-) et Yang Yee-Li (1958-).

Les disciples et filles de Yang Sau Chung représentent ainsi la 5e génération du style Yang du Maître Yang Chengfu.

 

A ce propos, il est intéressant de remarquer que, la plupart du temps, seuls les descendants mâles figurent sur les arbres généalogiques

des Maîtres de Taichi Chuan, occultant ainsi des personnalités marquantes d'un style ou d'une école.

 

Une autre constatation que l'on peut faire en considérant l'arbre généalogique ci-dessus, c'est que contrairement aux autres styles, moins répandus,

le style Yang se caractérise par une très grande diversité des écoles : il y a la Grande Forme et ses très nombreuses versions,

comme nous l'avons vu plus haut, mais il ne faut pas oublier la Forme Ancienne ou Jangjia Michuan,

transmise par le Maître Wang Yen-nien (1914 - 2008), qui accueillera de très nombreux disciples ; Masako étudie cette école depuis une vingtaine d'années.

On trouve également la Petite Forme et le Guang Ping Yang, deux écoles issues de l'enseignement du Maître Yang Banhou, oncle de Yang Chengfu :

ces écoles sont très différentes des écoles Yang citées précédemment.

 

Voici une vidéo de la Petite Forme :

Voici une vidéo de l'école Guang Ping Yang :

Pour finir, une vidéo de l'école Yangjia Michuan, par le Maître Wang Yen-nien (1914 - 2008) :

Cette grande diversité fait que le style Yang, plus que n'importe quel autre style de Taichi Chuan,

ne pourra jamais être représenté dans sa globalité par une seule personnalité.

L’association est affiliée à la Faemc, Fédération des arts énergétiques et martiaux chinois.

Elle a le soutien de la commune de Louveciennes.

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